Il n’y a pas si longtemps (hum! hum!), j’étais l’une de ces fillettes le nez toujours plongé dans un livre. Parmi mes premiers héros, Astérix et Obélix occupaient une place de choix. J’ai lu et relus les vielles bédés écornées de mon père un nombre incalculable de fois. Pour moi, l’approche de Noël signifiait d’abord le retour d’Astérix et Cléopâtre et des Douze travaux d’Astérix à Ciné-Cadeaux. Je n’aurais cependant pas cru avoir à nouveau neuf ans en me retrouvant devant mes idoles au Parc Astérix, à 30 km au nord de Paris.
L’espace d’un instant, j’ai complètement oublié mon âge, mon statut de mère et le décor en toc. J’étais devant Obélix, et Obélix avait décidé de mettre les voiles. J’ai couru derrière lui en criant son nom. «Ne pars paaas Obéliiiiiix!» Puis, j’ai réalisé que j’avais coupé la queue, planté ma fille de quatre ans avec Astérix et que je n’avais plus tout à fait neuf ans.
Le Gaulois «juste un peu enveloppé» ne s’est pas retourné.
J’ai tiré le portrait de ma puce avec le petit moustachu, avant de lui tendre l’appareil pour qu’elle fasse de même. Non, il n’est pas faux ce sourire que vous voyez sur la photo. Je venais d’entrer dans les pages de ma bédé préférée.
Plus tard, je me suis rappelée ces Japonaises hystériques à Disney World, devant les personnages, et j’ai eu un peu honte. À chacun son Mickey Mouse.