Je suis toujours fascinée par la passion qui anime les adeptes du tango. Ils semblent avoir compris quelque chose qui m'échappe. Parler une langue qui m'est étrangère. Toujours, dans leurs yeux, cette flamme qui danse. Ce feu qui les réchauffe sans les consumer. Comme si leurs pas les portaient dans un monde à part.
À l'hôtel, je fais la connaissance de Lila, une Française qui s'est itnitiée au tango il y a quelques mois. En plus des leçons intensives, elle sort quotidiennement danser dans les milongas. « Chaque soir, je vais dans un endroit différent, raconte-t-elle. Je demande aux hommes avec qui j'aime danser de m'indiquer quels sont les meilleurs endroits où se rendre selon le jour de la semaine. » Elle connaît les danseurs les plus réputés et entretient les liens tissés avec d'autres passionnés lors de ses voyages précédents grâce à Internet. « Je dirige une entreprise, raconte-t-elle. Pour moi, danser le tango implique un abandon. » Un abandon, mais aussi une intensité et une sensualité. Le bas des corps ne se touchent pas, mais les coeurs, eux, s'unissent le temps de quelques pas. « Les bons danseurs respirent au même rythme », dit Lila.