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05/07/2012

Excursion à l’île d’Entrée

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Des petits pingouins au Québec? m'exclamai-je. Et ça vole, des pingouins?

D’accord, j’aurais dû lire plus attentivement les panneaux explicatifs du Biodôme. Je me serais ainsi rappelé qu’on confond continuellement pingouins et manchots (et que certains pingouins peuvent voler). Les spécimens que vient de pointer notre guide, Michel Papageorges, virevoltent comme des pros en plus d’être mignons comme tout. Leur plumage de jais contraste avec celui des mouettes qui s’agitent autour d’eux. Des cormorans et des guillemots à miroirs ravissent aussi les amateurs d'ornithologie.

La bande sonore de l’excursion met en vedette leurs cris, ponctués d’exclamations d’une douzaine de touristes en pâmoison (certains plus enthousiastes que d’autres) et des explications du guide.

Nous contournons l’île d’Entrée en zodiac, où Jacques Cartier a jadis aperçu des Micmacs. C’est aussi la première à s’être profilée à l’horizon quand nous approchions de notre destination à bord du C.T.M.A. Vacancier.

Elle a de quoi intriguer, cette île. D’abord, parce qu’elle ne compte qu’une centaine d’habitants qui sont tous anglophones. Ensuite parce que les légendes qui l’entourent sont nombreuses. Des Francophones y auraient résidé avant qu’une majorité d’Écossais la choisissent entre autres à cause de sa ressemblance avec leur terre natale il y a environ un siècle et demi. Je n’ai jamais mis les pieds au pays de Nessie, mais je n’ai qu’à regarder la carte postale que j’ai devant les yeux pour acquiescer.

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L’agriculture y a été pratiquée, mais c’est la pêche qui gardent la poignée d’habitants dans ce petit havre de paix où on ne trouve aucune véritable épicerie. On raconte que des chevaux et des vaches y paissent librement (mais l'auteure de ces lignes n'a aperçu ni l'un ni l'autre pendant sa courte escale). Et que les habitants avaient l'habitude de clôturer leurs cours pour éviter que ces dernières viennent «garnir» leur gazon de bouses... «Avant que vous posiez la question, oui, il arrive que des vaches tombent des falaises», lance notre guide.

En contournant l’île, il nous apprend également que seulement cinq enfants fréquenteront l’école qui en accueillait 90 au début des années 1970. La population se fait vieillissante. Une vingtaine de résidents la quitte d’ailleurs chaque hiver. Les jeunes doivent aussi s'exiler pour poursuivre leurs études. 

Une fois sur la terre ferme, nous pique-niquons près du casse-croûte avant d’aller nous balader.

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Un arrêt au musée me confirme ensuite ce qu’on m’avait raconté: nombreux sont les Madelinots de l’île d’Entrée à avoir pris part à la Deuxième guerre mondiale. Des objects témoignent aussi du dévouement des habitants envers la couronnne britanique.

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En marchant dans les champs, des souvenirs de mon enfance en campagne surgissent. Alors que je regarde ma fille déambuler à travers les herbes hautes, je me rappelle de cette époque où je gambadais sans pouvoir apercevoir l'horizon. Rares sont aujourd’hui les endroits encore aussi sauvages dans mon ancien voisinage.

Ici, aller quémander une tasse de sucre à la voisine peut signifier brûler quelques calories avant même de terminer la confection du gâteau. Les maisons colorées semblent pour la plupart surgir d’une autre époque. Les marques du temps sont souvent bien visibles. N’eussent été des coupoles arborant le nom d’une compagnie de télécommunication et des fils électriques, on aurait pu croire que la traversée nous avait fait reculer de quelques décennies.

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Le clou de la visite reste, pour la majorité des visiteurs, l’ascention de Big Hill, le plus haut sommet de l’île (174 m). De là haut, la vue est imprenable. Du moins, c’est ce que tout le monde raconte: le temps filant et ma puce ayant une forte propension à se plaindre de la fatigue toutes les 30 secondes quand il s’agit d’attaquer une colline (je ne vous parle même pas des «vraies» montagnes), je n’ai pu voir l’île que de son niveau le plus bas. Une bonne raison d’y retourner? Je le crois aussi.

Pratico-pratique:

• S’y rendre: un traversier de C.T.M.A effectue l’aller le matin et le retour en fin d’après-midi (trajet d’une heure / départ de Cap-aux-Meules à 7h30 et 15h et de l’île d’Entrée à 9h et 16h30) . Excursions en mer propose une escapade en bateau (33$ / adulte) ou en zodiac (42$ / adulte). Cette dernière option est sans doute la meilleure si vous avez envie de contourner l’île avant d’y faire escale (le trajet prend environ 30 minutes).

• L’île se découvre à pied.

• À voir en plus du musée et des paysages: une église anglicane, la tombe du cheval Farmer (on raconte son histoire sur une plaque commémorative) et un phare. L’île compte un restaurant-bar et un dépanneur. Prenez aussi le temps d’écouter le silence…

• On dénombre une quarantaine de maisons au total sur l’île. Un gîte permet aux visiteurs d’y passer la nuit, mais encore faut-il parvenir à le trouver (aucune enseigne permet de le repérer)… Le mieux est de faire une réservation par téléphone avant le départ.

• L’île d’Entrée est la seule qui ne soit pas reliée au reste de l’archipel.

• La principale activité économique est la pêche.

• Les trucs blancs sur les rochers? Non, ce n’est pas de la neige…

Excursions en mer propose plusieurs autres activités: partie de pêche, expédition à l’île Brion, oobservation de phoques en milieu lagunaire, découverte de grottes et falaises… Info et réservation: 418-986-4745.

À lire également: 10 raisons de visiter les Îles de la MadeleineLes oiseaux de l'île d'EntréeExcursion à l'île d'EntréeEscale aux Îles de la MadeleineLa vie à bord du Vacancier et Cap sur les Îles de la Madeleine.

J’étais l’invitée de Tourisme Îles de la Madeleine. Un merci particulier à Marie-Christine Leblanc!

Pour me suivre sur Twitter et Instagram: @Technomade.

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Marie-Julie GagnonMarie-Julie Gagnon

Sorte de créature hybride à mi-chemin entre Minifée et Carrie Bradshaw, Marie-Julie Gagnon aime autant parcourir la planète sac au dos qu’avec sa valise à roulettes. Aujourd’hui journaliste, reporter, chroniqueuse, auteure et bloggeuse, elle n’arrive toujours pas à choisir le chapeau qu’elle préfère.


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