L'Ouest canadien à bord du Rocky Mountaineer
Il y a bien sûr les Rocheuses. Majestueuses Rocheuses qui touchent le ciel. Montagnes aux pics saupoudrés de poussière de nuages. Nous les verrons sous leur plus beau profil au cours de ces deux journées à bord.
Il y a aussi la gastronomie, bonne compagne de route. Les gens qui ont choisi de prendre part à l'aventure et leurs parcours bien à eux. Leurs histoires, dont on captera quelques bribes en attaquant les repas.
Et il y a la lenteur.
Surtout, la lenteur.
Je ne parle pas de la lenteur qui ralenti. Plutôt de celle qui permet de savourer. Prendre le train, c'est d'abord choisir un rythme. Un mouvement. C'est naviguer sur des rails. Des flots d'acier qui ondulent lentement. Patiemment. Délicieusement.
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J'avais adoré traverser le Canada de Toronto à Vancouver à bord du Canadien en 2010. Cette fois-ci, le Rocky Mountaineer m'emmènera de Jasper à la métropole britannico-colombienne.
Nous quittons la gare alors que le soleil étire ses premiers rayons. Nos bagages sont déjà à bord et nous attendront à l'hôtel où nous dormirons ce soir, à Kamloops, en plein coeur de la Colombie-britanique. Contrairement au Canadien, pas de voitures-lits dans ce train maintes fois cités dans les magazines pretigieux, que de confortables fauteuils pour admirer le paysage. Dormir à l'hôtel permet de ne rien manquer du spectacle qui s'offre à nous.
J'ai la chance de tester le service Gold Leaf, soit la première classe. Je prends place à l'étage, dans une voiture à dome de verre qui en compte deux. Entre les «oh!» et les «ah!» générés par la beauté des lieux, je discute avec mes compagnons de route. Je descends parfois pour aller prendre quelques clichés (sans cadavres de mouches - c'est l'inconvénient d'un wagon vitré!) et un bon bol d'air frais.
La vitesse moyenne étant de 50 km/h, j'ai tout le loisir de croquer ce décor unique tantôt avec mon réflex, tantôt avec mon iPhone.
Nous apercevons le mont Robson, plus haut sommet des Rocheuses canadiennes. Le train ralenti à l'approche des chutes Pyramid, le temps d'un concert d'appareils photos. Clic! Clic! Clic!
Plus tard, nous pénétrons dans le ventre des Rocheuses. Impossible de ne pas avoir une pensée pour ceux qui ont construit le chemin de fer au 19e siècle et, ainsi, contribué à la naissance du Canada. En 1871, la Colombie-britanique s'est jointe à la confédération à condition qu'un chemin de fer soit construit au cours de la décennie suivante.
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Nous déjeunons et dînons dans le wagon-restaurant.
Mon coup de coeur matinal: les oeufs à la bénédictine Sir Stanford Fleming (je découvrirai par la suite qu'il s'agit d'un inénieur et inventeur originaire d'Écosse qui a notamment participé au développement du chemin de fer canadien), soit des oeufs pochés servis sur de la viande fumée (smoked meat, si vous préférez) typiquement montréalais nappés d'une onctueuse sauce hollandaise à l'estragon. MIAM!
Le midi, nous avons le choix entre le saumon rouge, le filet de porc de l'Alberta, la poitrine de poulet de la vallée du Fraser, des crevettes, de l'orge des Prairies préparée façon risotto ou la cassolette végétarienne aux haricots noirs, légumes frais rôtis et tomates. Bien entendu, des vins canadiens sont aussi proposés pour accompagner le tout.
Le plus grand défi du chef Frédéric Couton, à l'emploi du Rocky Mountaineer depuis quatre ans? «Ça bouge! lance-t-il. Vous ne vous en rendez peut-être pas compte, mais ce n'est pas toujours facile pour nous, pour verser de l'eau, par exemple. Nous sommes aussi limités dans l'espace. (...) Et puis, quand le train est parti, si on a oublié quelque chose, il faut être créatif!»
À bord, les produits canadiens sont privilégiés, particulièrement ceux de l'Alberta et de la Colombie-britanique. La préparation se fait en partie à Kamloops, où se trouve la cuisine de la compagnie Rocky Mountain Catering.
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Kamloops se profile à l'horizon. L'après-midi se dissout tranquillement l'obscurité. Depuis la terrasse du restaurant Hoodoos, où le repas enchantera chacun des convives, le soleil nous joue le grand jeu avant de nous saluer à travers les nuages imbibés de reflets orangés.
Entracte.
Au petit déjeuner, le lendemain, nous constatons que le paysage s'est transformé. Le temps est tristounet, mais à bord, les sourires sont toujours au rendez-vous.
Nous longeons le fleuve Fraser, réputé pour sa pêche au saumon.
Le voyage tire (déjà) à sa fin. Vin et fromages nous permettent de patienter jusqu'à l'arrivée.
Au loin, j'aperçois la silouhette de Vancouver, ville si chère à mon coeur. Demain, nous nous dirons tous au revoir. Mais pour l'instant, l'horizon est encore plein de promesses.
Rideau.
Pratico-pratique:
• Les prix varient selon la classe choisie. À titre d'exemple, le coût pour quatre jours incluant une nuitée à Jasper et une nuitée à Vancouver avec service Red Leaf (voiture classique) s'élève à 1069$ du 23 au 25 avril 2012. Pour les mêmes dates, le service GoldLeaf (avec nuitées dans des établissements Fairmont) se chiffre à 2119$.
• Ce trajet peut s'effecter dans un sens comme dans l'autre.
• Les voitures des catégories Red Leaf et Silver Leaf ont un seul étage.
• Seuls les passagers du service Gold Leaf mangent au wagon-restaurant. Les autres prennent leur repas à leur siège.
• Les passagers de la catégorie Gold Leaf sont séparés en deux groupes pour les repas. Ceux qui reçoivent le premier service une journée reçoivent le second le lendemain, et vice-versa.
• Seule ombre au tableau pour moi: l'animation. À tout bout de champ, une animatrice un peu trop enthousiaste prenait le micro pour parler de la faune et de la flore, mais aussi pour amuser les voyageurs. Intéressant, mais j'aurais apprécié un peu moins d'information, et plus de moments en tête-à-tête avec la nature. Cela dit, chaque animateur apporte sa propre couleur à l'aventure.
• Même si l'anglais prédomine à bord, il est possible d'être servi en français.
• Le Rocky Mountaineer a remporté plusieurs prix et honneurs, en plus de multiples mentions dans des magazines prestigieux. Entre autres, World Travel Awards l'a élu World Leading Travel Experience by train à cinq reprises. Lonely Planet a carrément décrit l'aventure à bord comme «One of the world ultimate experience».
• On peut avoir les dernières nouvelles de Rocky Mountaineer sur Facebook et Twitter.
• Ce voyage a été réalisé en septembre 2011.
À lire, les billets de deux des collègues et amis avec qui j'ai fait ce voyage: Nikki Bayley (The Travel Editor) et Keith Jenkins (Velvet escape).
À découvrir également: Toronto-Vancouver en train, l'album de photos de ma traversée du pays en 2010 à bord du Canadien et mes autres billets sur le Canada.
Ce voyage a été réalisé grâce à une invitation de Rocky Mountaineer, de Tourism Jasper et de la Commission canadienne du tourisme. Merci!
Commentaires
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Rédigé par : Charlene macfarlane | 31 mar 2012 14:32:34
Regardless of your experience on Rocky Mountaineer you should be aware that on June 22, 2011 Rocky Mountaineer locked out over 100 dedicated onboard attendants.
RMR has boasted that they are a 200 million dollar company but refused to give employees a reasonable wage increase after 3 years at the same pay rate.
The attendant’s years of talent and experience have been substituted for replacement workers – scabs – who have little to no training and little to no practical knowledge. The use of scab labour undermines the right to fair bargaining by the employees.
Rocky Mountaineer does not want its guests to know about the lock out; if information is provided it is often partial and misleading. Guests are left to face a difficult choice: violate their ethics and cross a union picket line or forfeit the cost of their holiday.
Complaints regarding substandard service have often been ignored, disregarded, or responses met with great delay before being addressed.
On two separate occasions Rocky Mountaineer’s actions have been denounced in the Canadian Parliament. Many provincial and municipal politicians have written the Company urging them to return to the bargaining table and end the lock out.
The company has not returned to the bargaining table since July 7th where they sat for exactly 11 minutes and offered a 2% wage DECREASE. Further, it has begun recruiting for the 2012 train season with no effort made to renew talks.
I have taken the train and quite enjoyed myself, but part of what made the trip so exceptional was the amazing staff on board. Knowing the difference of how the service should be and what it is now, I would never take the train again, and I would not cross a picket line.
You can do your part by voicing your displeasure to the company, write to the company, or postpone your trip until the dispute is over.
For more information go to http://rockymountainlockout.wordpress.com/.