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01/09/2011

Et si voyager aidait littéralement à grandir?

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Pour certains, devenir parent est la chose la plus naturelle au monde. Pour moi, l'aventure a nécessité énormément de travail sur moi-même. Et si mon enfant naissait avec une maladie ou un handicap? Comme je l'ai récemment raconté dans le billet d'introduction de mon blogue Un baluchon pour deux (magazine Coup de pouce), devenir mère signifiait aussi pour moi évoquer la possibilité de mettre fin à mes pérégrinations. De perdre un certain contrôle. On donne la vie, mais on ne garantie pas la santé.

Voilà qu'on me fait parvenir le lien du blogue Voyager pour grandir. Valérie est la maman de Camille, 7 ans, atteinte du syndrome de Turner (je n'en avais jamais attendu parler moi non plus) en mosaïque de manière sévère et d'une autre maladie toujours non-diagnostiquée. La fillette est de petite taille, accuse plusieurs retards de développement, a problème osseux et un trouble de l'attention important. Ce n'est là que le résumé. 

Le quotidien n'est pas de tout repos. Camille rencontre régulièrement de nombreux spécialistes. En plus de la conciliation travail-famille, qui cause des maux de tête à bien des parents, sa maman doit jongler avec tous les aléas de la maladie de sa fille.

Phénomène étrange, quand arrivent enfin les vacances, Camille grandit:

Le bonheur, c’est la voiture. Rouler des heures. Elle se repose, regarde dehors. Elle m’interpelle et mâchouille un petit ruban. Elle relaxe. Enfin. On roule, on arrête sur une berge, on court un peu, on s’assoit dans le sable. On se fait un câlin. On mange. Enfin, on mange. À la maison on se chicane pour manger. Que cuisiner? Camille ne mange pas beaucoup de variété ni des textures qui me tentent. En vacances : tout le monde mange. Enfin! Un moment agréable de plus. Et tout ces moment agréables sont si profonds que ma fille, en vacances, elle grandit. Comme si sa maladie osseuse et génétique prenait elle aussi des vacances. L’hormone du plaisir, qui calme, qui permet aux gens de s’aimer davantage aurait-elle cet effet sur nous? Elle vieillit en vacances. Quelle maturité elle a acquise l’été dernier. Tout le personnel scolaire l’a remarqué à la rentrée.

Devant ce constat, la jeune mère a eu l'idée de partir dix mois avec la fillette. On peut désormais suivre leurs aventures dans un blogue.

Ce billet sur l'émerveillement m'a particulièrement émue. Cette mère vit le cauchemar de tout parent qui découvre que son enfant ne débute pas avec les mêmes chances que les autres et continue à rêver.

Peu avant le départ, elle parlait du bonheur ressenti à l'approche du voyage.

Je ne ferais pas autre chose. Je ne serais pas ailleurs. Je ne partirais pas maintenant ni ne changerai d’idée. Je serai prête le temps venu. Je ne m’imagine pas entrevoir l’automne habituel.  Je sais que je suis exactement où je dois me trouver.  Malgré le stress du voyage, le stress financier, le boulot, les camps d’été de Camille, je suis sereine. Je me sens libre de choisir cette route qui me ressemble avec ma fille qui y met sa couleur.

Je suis à la fois complètement bouleversée et, moi aussi, émerveillée. Aucun doute, je serai du voyage avec elles.

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P.S.: Merci à Lyne Dumas d'avoir partagé le lien du blogue.

À lire également: mon autre billet sur le sujet.

Pour me suivre sur Twitter, par ici.

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Marie-Julie GagnonMarie-Julie Gagnon

Sorte de créature hybride à mi-chemin entre Minifée et Carrie Bradshaw, Marie-Julie Gagnon aime autant parcourir la planète sac au dos qu’avec sa valise à roulettes. Aujourd’hui journaliste, reporter, chroniqueuse, auteure et bloggeuse, elle n’arrive toujours pas à choisir le chapeau qu’elle préfère.


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