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17/03/2011

Putain de punaises!

Punaise Depuis quelques mois, elles sont sur toutes les lèvres... quand elles ne se sont pas déjà mises au lit. Pour elles, aucun doute, vous êtes la créature la plus sexy qui soit. Elles vous attendent sous les draps pour vous dévorer en groupe. Le hic? Leur désir est à sens unique. Et personne n'a envie de contacts physiques avec elles, ne serait-ce que pour un one-night stand!

Je parle bien sûr de ces foutues punaises de lit qui sèment la panique dans les hôtels du monde entier. Loin de moi l'idée d'alimenter votre paranoïa, mais elles s'invitent aussi chez les gens, comme en fait foi ce document de l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, qui explique comment les reconnaître et s'en débarasser. Presque disparues, elles ont fait un retour en force au début des années 2000 à cause de l'augmentation des déplacements.

Moi qui prenais la chose plutôt à la légère, je me suis surprise à me gratter compulsivement quand mon collègue et ami de La Revanche des NerdZ, Pascal Forget, m'a fait part de ses lectures sur le sujet alors qu'il préparait une chronique pour l'émission Le Code Chastenay, il y a quelques mois (il est possible de la visionner sur Tou.tv - vers la 17e minute). Depuis, je tombe sans arrêt sur des articles peu rassurants. Christiane Charette, Maisonneuve en direct L'Après-midi porte conseil et Désautels, notamment, ont invité des experts à leur micro afin de mieux informer la population. L'Association québécoise de la gestion parasitaire a même organisé un symposium sur les punaises de lit en janvier dernier!

Où se cachent-elles?

Crédit: L'UNIVERSITÉ SIMON FRASER Vous croyez qu'on en trouve seulement dans les endroits crades? Détrompez-vous. «Elles se trouvent partout, tant dans les refuges pour sans-abri que dans les hôtels cinq étoiles, les résidences et les transports publics, écrit Santé Canada. Les punaises de lit se déplacent de pièce en pièce en se logeant dans les articles infestés. Tous peuvent être victimes d'une infestation et leur présence n'indique pas un manque de propreté.»

Annabelle Blais bourlingue en Asie depuis trois mois. «J'ai dormi dans des trous à rats à 2$/nuit en Inde. Je suis arrivée au Népal, j'ai fait un trek et dormi chez l'habitant dans des lits si poussiéreux que j'en ai eu des allergies. Puis, je suis arrivée à Katmandou, j'ai trouvé l'hôtel le plus propre qu'il m'ait été donné de louer depuis trois mois (et qui respecte mon budget). La première nuit, j'étais super-heureuse de me glisser dans les draps propres, mais ça s'est mis à me gratter!»

Diane Vallée, elle, a eu la mauvaise surprise de découvrir la présence de compagnons illicites dans son lit lors d'un voyage à Paris. «Deux personnes dans le même lit, mais je suis la seule à avoir eu des réactions. La dernière nuit de mon voyage, souffrant d'insomnie à cause des démangeaisons, j'ai aperçu une petite bestiole alors que je lisais. Quand je l'ai écrasée, j'ai vu le sang gicler. Le lendemain, sur Internet, j'ai découvert ce qu'était les punaises de lit. À mon retour à Montréal, on m'a prescrit de la cortisone et j'en ai eu pour trois semaines avant d'arrêter d'avoir envie de gratter.»

Comme elle s'était informée avant de quitter Paris, dès son retour à Montréal, elle a lavé tous ses vêtements à l'eau chaude. «Aucun signe de punaises à la maison, sinon mon corps aurait sûrement réagit immédiatement.»

Comment les repérer?

Image trouvée sur RueFrontenac.com C'est souvent une fois attaqués que les gens réalisent qu'ils n'ont pas passé la nuit seul. Les piqûres apparaissent principalement sur les bras, les mains, les jambes, le cou et le visage (les parties les plus exposées, quoi). 

Que faire pour éviter d'en être victime? En entrant dans votre chambre d'hôtel, inspectez les draps. Si vous voyez de petites taches rouges (du sang) ou noires (des excréments), c'est peut-être signe que des punaises sont passées par là. On peut aussi parfois les apercevoir (la nuit seulement, par contre) puisqu'elles sont de la taille d'un pépin de pomme. Elles restent généralement dans la chambre, là où se tiennent leurs proies potentielles. On les repère plus facilement dans les ourlets, les faux plis et les replis du sommier, dans les plis des rideaux et autres cachettes du genre.

À l'émission L'après-midi porte conseil, le Dr Stéphane Perron, médecin spécialisé en médecine communautaire qui travaille aussi à la Direction de la santé publique de Montréal a fait la recommandation suivante: «Si on suspecte qu'il y a des punaises dans notre chambre d'hôtel, on ne met pas nos valises par terre, on les accroche plutôt avec des cintres pour qu'elles ne touchent à rien. On peut aussi les mettre dans le bain, puisqu'il y a peu de chance que des punaises s'y trouvent.»

D'autres suggèrent d'envelopper les valises avec du plastique afin d'éviter que les bestioles y élisent domicile. 

Que faire si jamais elles se trouvent sur notre route?

Si vous découvrez des punaises dans votre chambre d'hôtel, exigez une autre chambre. Au retour, il est conseillé de laisser sa valise dehors un bout de temps (de plus en plus de voyageurs le font systématiquement puisqu'on ne sait pas toujours quels «souvenirs» on rapporte), particulièrement en plein hiver. L'essentiel est d'isoler les bagages. Il faut absolument laver tous les vêtements à l'eau chaude et les mettre ensuite dans la sécheuse (air le plus chaud possible, pendant une vingtaine de minutes). 

Si elles ont déjà commencé à se propager chez vous et que vous êtes propriétaire, le mieux est de faire appel à un exterminateur sur-le-champ. «Si vous êtes un locataire, appelez votre propriétaire, conseille le Dr Stéphane Perron. Si votre propriétaire ne bouge pas, il y a des inspecteurs municipaux joignables au 311.» ll est par ailleurs recommandé de ne rien déplacer avant l'arrivée des exterminateurs.

Jeter son matelas peut sembler une bonne solution a priori, mais les experts le déconseillent puisque cela pourrait contribuer à la propagation de ces mini-vampires. De la même manière, il est important d'être vigilant quand on se procure des biens usagés. 

Pourquoi ne pas appliquer soi-même un insecticide? Parce que si l'on a pas le produit adéquat, on risque de les chasser d'un lieu et de les retrouver dans un autre. Sur le matelas, la vapeur chaude est préférable aux produits chimiques. Certains vont jusqu'à mettre leurs oreillers dans le congélateur pendant quelques jours. Pour tous les détails, je vous recommande de consulter ce document très complet préparé par la Ville d'Ottawa.

Et les piqûres? «L’irritation la plus répandue consiste en lésions plates et localisées qui démangent. Les morsures classiques de punaises de lits sont généralement linéaires en groupe de trois, qu’on appelle "déjeuner, dîner, souper"», mentionne le site de la Ville d'Ottawa. Elles disparaissent généralement d'elles-mêmes au bout de deux semaines. Tentez d'éviter de vous gratter! 

Quelques faits qui grattouillent:

• Les punaises de lit peuvent résister à des températures extrêmes (environ - 30 à 46 degrés Celcius).

• La plupart arrivent à survivre plus d'un an après avoir été nourries.

• Une femelle moyenne peut mettre au monde plus de 400 rejetons au cours de sa vie.

• «Les œufs mesurent environ 1 mm de long par 0,44 mm de large. Ils ressemblent à de petites capsules jaunâtres,», indique le site de l'Insectarium de Montréal.

• Elles ne volent pas, mais marchent très rapidement!

• Elles ne se nourrissent que de sang.

• Elles augmenteraient de 500% par an au Canada.

 

Pour tout savoir sur les punaises de lit:

Santé Canada

Agence de la santé et des services sociaux de Montréal

Insectarium de Montréal (pas de lien direct, il faut aller vers le milieu de la page et cliquer sur «punaises de lit»)

• Autres sources: CNN,  Radio-Canada, Coup de pouce et Ville d'Ottawa.

Mise à jour 25 mars:  Vous l'avez peut-être vu dans l'actualité au cours des deux derniers jours, la ville de Montréal a récemment annoncé la mise en place d'un plan d'action pour lutter contre ces vilaines bestioles.

 

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Marie-Julie GagnonMarie-Julie Gagnon

Sorte de créature hybride à mi-chemin entre Minifée et Carrie Bradshaw, Marie-Julie Gagnon aime autant parcourir la planète sac au dos qu’avec sa valise à roulettes. Aujourd’hui journaliste, reporter, chroniqueuse, auteure et bloggeuse, elle n’arrive toujours pas à choisir le chapeau qu’elle préfère.


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