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28/03/2011

Le divan du monde: road trip à travers le Canada

Le divan du monde
Le film débute par une enfilade de plans magnifiques de Vancouver. Zoé (Mélanie LeBlanc), originaire de l'Île-du-Prince-Édouard, rédige une lettre en français sur une page arrachée de son cahier Canada à son amoureux anglophone pour lui annoncer qu'elle le quitte. Sans le sou, elle se retrouve chez Alex (Antoine Gratton), l'ami d'une amie, avant d'entamer la traversée du pays sur le pouce pour rentrer dans sa province natale.

Voilà la prémisse du film Le divan du monde, de Dominic Desjardins, qui sera présenté au cinéma Beaubien du 1er au 7 avril (MÀJ 7 avril: le film restera à l'affiche jusqu'au 14!).

Gagnant du Prix TV5 du Meilleur Film de la francophonie canadienne au Rendez-vous du cinéma québécois en 2010 et couronné Meilleur film canadien PEI International Film Festival, ce long-métrage pique d'abord la curiosité à cause de ses origines. «Au cours de l'été 2008, douze artistes furent invités à faire une tournée de la Francophonie canadienne pour y présenter un spectacle appelé Francoforce, raconte Dominic Desjardins. Je faisais partie de ces douze artistes, représentant l'Ontario. Ma discipline artistique étant les arts médiatiques, je devais présenter un projet en film ou vidéo que je réaliserais à travers le Canada au cours de l'été. C'est ainsi qu'est né le Divan du monde, un long métrage de fiction que j'ai écrit, réalisté, produit, en en partie financé.»

Divan2 Pendant trois mois, il a ainsi suivi le Québécois Antoine Gratton et la Néo-Brunswickoise Mélanie LeBlanc dans huit villes: Vancouver, Calgary, Saskatoon, Winnipeg, Toronto, Québec, Moncton et Summerside. Des équipes de tournage - la plupart bénévoles - ont été formées dans chacune des escales.

«Je nourrissais depuis longtemps le désir de faire un film touchant à la thématique du déracinement culturel tel qu'il est vécu par des francophones habitant dans un milieu anglophone», affirme l'ex-concurrent de La course destination monde, cuvée 1997. La langue française est au coeur du scénario. Si, au début, l'accent des Maritimes déstabilise un peu le spectateur, après un moment, on en apprécie toute la couleur. 

Alors que nous traversons le pays d'ouest en est grâce aux deux protagonistes, les paysages défilent, grandioses. Quelques clins d'oeil font sourire: l'itinéraire qui se dessine sur le cahier Canada de Zoé, le t-shirt d'Alex arborant la fleur de lys et ses boxers, la feuille d'érable... L'idée d'explorer la diversité canadienne reste intéressante, mais par moment, on sent un peu trop le désir de vouloir faire découvrir une facette culturelle, la plupart du temps par le biais des personnages secondaires. Pierre, le cousin de Zoé, dira par exemple: «Le reste du Canada se fout des Maritimes. C'est peut-être mieux de même, on parle comme on veut, on s'habille comme on veut... On est under the radar

Quiconque a l'âme nomade appréciera le voyage. Il ne faut toutefois pas s'attendre à trop de surprises: bien que sympathique, le film ne nous fait pas vivre de grandes émotions. C'est une jolie balade à travers le pays, guidée par deux personnages qui ressemblent à ceux croisés au détour d'une route. À voir entre deux voyages!

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Marie-Julie GagnonMarie-Julie Gagnon

Sorte de créature hybride à mi-chemin entre Minifée et Carrie Bradshaw, Marie-Julie Gagnon aime autant parcourir la planète sac au dos qu’avec sa valise à roulettes. Aujourd’hui journaliste, reporter, chroniqueuse, auteure et bloggeuse, elle n’arrive toujours pas à choisir le chapeau qu’elle préfère.


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