Le sexe autour du monde
Vous vous demandez ce qui se passe sous la couette des Suédois? Si le XXX se décline vraiment en XXL en Afrique? Ou si le latin lover n'est qu'un mythe? Le Sexe autour du monde a peut-être la réponse...
Cette nouvelle émission diffusée à TV5 nous entraîne aux quatre coins d'un pays afin de brosser un portrait social axé sur les habitudes sexuelles et amoureuses de ses habitants. Sous forme de carnet de bord, l'animateur Philippe Desrosiers rencontre différents intervenants qui permettent de démystifier certains clichés et de mieux comprendre leur origine. Les infos sont nombreuses, souvent surprenantes, parfois choquantes.
J'ai eu la chance de visionner l'épisode sur la Suède, premier de la série. D'entrée de jeu, on tente de comprendre d'où vient cette image des Suédoises assoiffées de sexe. La productrice et réalisatrice Mia Engberg, pour qui faire de la porno est un acte féministe (!), résume bien l'historique du ciné olé au pays d'Ingrid Bergman. Elle parle notamment de l'époque du «happy porn», où les gens «couraient nus dans la nature de manière bon enfant». Dans les années 1980, quand le sida s'est mis à faire des ravages, l'insouciance a fait place à la souffrance. «Le happy porn ne pouvait plus être joyeux», dit-elle.
Les autres protagonistes présentés au cours de cet épisode font autant sourire que réfléchir. Je pense notamment à Claes, cet homme hétérosexuel qui aime se travestir et prodigue des conférences sur le sujet. «Plus jeune, je voulais changer de sexe pour devenir une femme. Aujourd'hui, je réalise que si j'étais une femme, je me travestirais en homme.»
Bien que certaines images soient parfois explicites, on ne traverse jamais la ligne du mauvais goût. Le côté pince-sans-rire de l'animateur colle tout à fait au ton de l'émission, léger tout en restant intelligent. Avant d'aller rencontrer une femme prêtre homosexuelle, Philippe Desrosiers lancera par exemple à la caméra: «La preuve que les voies du Seigneur ne sont pas si impénétrables que ça»...
Il désamorce aussi les moments embarassants avec l'humour. «Je suis très content que vous commentiez pendant qu'on regarde, ça enlève un peu du malaise», lancera-t-il à la réalisatrice, alors qu'elle lui montre des scènes de Dildoman, film d'animation dont deux des personnages ont le visage de politiciens de la droite chrétienne suédoise.
Ce que je retiens de l'émission consacrée à la Suède? Que le Québec devrait s'inspirer du modèle suédois en ce qui a trait à l'éducation sexuelle. Dès l'âge de 7 ans, les enfants ont droit à des cours abordant certaines thématiques liées à la découverte de la sexualité. Mais aussi que l'ouverture peut parfois entraîner certains dérapages. Impossible de ne pas réagir en apprenant que la pornographie infantile a déjà été légale... On sourcille aussi en découvrant qu'en 1944, au moment où le parlement a décriminalisé l'homosexualité, il a aussi décriminalisé la bestialité. Rien est parfait, même au pays des fantasmes blonds.
Chose certaine, je serai fidèle au poste tous les mardis, dès 21h, pour découvrir ce que les Rwandais, les Argentins, les Chinois, les Français, les Indiens et les Japonais ont... dans le bas ventre.
Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site et le blogue de TV5. À visiter également: le site sexeautourdumonde.com.
Commentaires
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Rédigé par : Jean-Louis | 5 jan 2011 16:37:10
J'ai regardé le début et l'animateur était déja mal a l'aise , il le disait lui-même alors ca ne pouvait pas être fort fort la censure faisait déja parti de lui .
La sexualité demeure encore tabou .....
Rédigé par : Marie-Julie Gagnon | 5 jan 2011 17:47:48
@Jean-Louis: C'est ce que j'aime de la série. L'animateur ne fait pas semblant: il dit ce qu'il ressent au fur et à mesure. Il réagit, comme nous réagissons dans notre salon. Je ne vois pas de censure là-dedans: on parle d'une émission diffusée à TV5, pas sur la chaîne Vanessa... ;-)
Rédigé par : Anne-Sophie | 13 fév 2011 20:41:53
Effectivement j'ai travaillé sur le sous-titrage de l'épisode sur la Suède et lors de la rencontre avec Mia Engberg, certains moment étaient un peu... gênants!
En tout cas le résultat général est plutôt réussi je trouve, et si je ne me trompe pas, la série de documentaires en général est assez populaire auprès du public.