Un Québécois à Hong Kong : au-delà des clichés
On aime toujours avoir les impressions et les tuyaux de nos compatriotes en voyage. C'est pourquoi je recueille régulièrement les témoignages de Québécois exilés qui nous présentent leur coin de pays d'adoption.
Quand son poste de programmeur et développeur Web a été aboli à Radio-Canada en 2009, Cédric Sam, qui venait de célébrer ses 29 ans, a sauté sur l’occasion pour mettre le cap sur Hong Kong. « Je suis arrivé en octobre avec seulement mes vêtements, un passeport et un billet de retour en décembre au cas où je ne trouverais pas d’emploi. »
Pourquoi Hong Kong : « Parce que c'est l'endroit où j'ai toujours rêvé de vivre ! Je suis Chinois d'origine, mes parents sont nés outre-mer (Madagascar et Vietnam), mais mes grand-parents ont tous émigré de Chine quand ils avaient mon âge. Alors je fais en quelque sorte le trajet inverse en m'installant ici. »
Son quartier : « J'habite seul à la campagne sur l'Île de Lamma, une île grosse comme l'Île Bizard, mais à 25 minutes en traversier (pas de pont ici) du centre financier de Hong Kong. L'île compte 6000 habitants, n'a pas un seul dépanneur 7 Eleven, n'a pas de route proprement dite pour les voitures (juste pour des mini-ambulances et des mini-voitures de police) et compte beaucoup de chiens, d'artistes et d'expatriés... Je vis dans un appartement au 2e étage d'une maison de campagne, dans le village près du quai, à 10 minutes à pied de celui-ci. »
Son boulot : « Je m'occupe de concevoir des projets en médias numériques au Centre de journalisme et d'études médiatiques (JMSC) à l'Université de Hong Kong. On est l'école de journalisme de l'université, mais on fait aussi de la recherche, et nous impliquons beaucoup dans la sphère médiatique de la région, en maintenant des liens avec des journalistes, blogueurs, chercheurs et autres. L'environnement est très compétitif ici, mais j'ai aussi beaucoup de liberté pour explorer des techniques et des façons inédites de présenter la nouvelle. Je suis programmeur et je travaille donc à monter des sites Web, mais aussi des applications Web complexes avec de l'information géographique et potentiellement un volet mobile. L'Asie de l'Est en général est super-branchée, et Hong Kong n'échappe pas à cette règle. »
Ses coups de cœur touristiques : « Je laisse de côté les classiques comme Victoria Peak et la traversée du port en traversier ! Très bien, mais un peu plate. Ce que j'adore de Hong Kong, ce sont les bains de foule, et les quartiers de Causeway Bay (sur l'Île de Hong Kong) et de Mong Kok (à Kowloon) sont les meilleurs endroits pour ça. Il faut aussi aller visiter les plages de Hong Kong, comme celle de Repulse Bay, dans le sud de l'Île de Hong Kong. Et bien sûr, il faut visiter l'Île de Lamma ! Venez pour le tofu en dessert, la meilleure pizza du territoire (Pizza Milano) et... notre centrale électrique au charbon, en plein devant la plage. Dans la région: Prendre un train pour Guangzhou, ou un traversier vers une ville du delta de la rivière aux perles, comme à Kaiping, ville historique. »
Voyager à Hong Kong : « Oui, c'est très facile d'y voyager. Il y a des indications en anglais et le transport en commun est ultra-efficace, même si on compare à des villes comme Singapour. On peut vraiment visiter Hong Kong pour pas cher, surtout quand on arrive avec nos dollars canadiens et qu'on ne séjourne pas dans les attrapes-touristes. Y'a toujours des chambres qu'on peut louer à moins de 30 $ la nuit dans un bon quartier comme Causeway Bay. »
Ses incontournables : « Le marché de nuit de Temple Street est l'un de mes favoris. En plus des gugusses made In China, à une fraction du prix qu'on les vend au Canada, s'ils s'y rendent, il faut aller y essayer les "dai pai dong", ou casse-croûtes populaires en pleine rue. Je recommande aussi de visiter les marchés de produits électriques/électroniques, dont le plus connu est le quartier de Sham Shui Po. Allez-y voir des rues complètes de marchands de luminaires, ou bien des centre commerciaux complets avec juste des petites boutiques de jeux vidéos empilées les unes sur les autres. Le MTR, le métro de Hong Kong: faites le tour de la ligne verte du côté de Kowloon, qui devient un train suspendu passant au-dessus des anciens quartiers manufacturiers de Hong Kong. »
Ce qu’il aime le plus : « Surtout la bouffe, et le fait d'être près physiquement de tout, de mes amis et de la famille. »
Ce qu’il aime le moins : « La grisaille, étant donné qu'on peut passer des mois complets sans voir le soleil, comme sur la Côte ouest. Je dirais aussi que la pollution m'énerverait si je ne vivais pas où je vis et si je ne travaillais pas où je travaille. »
Son pitch de vente pour sa ville d’adoption : « Je ressors le bon vieux cliché de Hong Kong, que c'est la ville internationale de la Chine! Le meilleur des deux mondes et puis tout le tralala. C'est une ville ultra-sécuritaire qui possède des institutions fortes et stables. »
S’y rendre : « À éviter : les congés fériés. À part de ça, je prends d'habitude le vol via les États-Unis (via Newark ou Detroit), parce que c'est le moins cher, à 900 $ en basse saison. Pour visiter Hong Kong, octobre et novembre sont probablement les mois les plus agréables, car il y fait soleil et la température avoisine les 22 degrés, sans parler du temps relativement sec. »
Un tuyau : « Hong Kong est la porte d'entrée pour la Chine. Avec un passeport canadien, on peut de façon routinière aller se procurer un visa pour la Chine au bureau des Affaires étrangères à Hong Kong même, en trois jours ouvrables, au lieu de passer par son ambassade. C'est beaucoup moins cher comme ça, à juste 150 $HK (20 $) pour une entrée et 220 $HK (28$) pour deux. Ensuite, on devrait voyager en traversier ou en autobus, à destination de la Chine. Mon dernier voyage à Guangzhou a été pas mal génial. »
Pour suivre ses aventures : blogue Comme les chinois, Twitter et Flickr.
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Commentaires
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Rédigé par : indigonat | 14 juin 2010 21:07:24
Quel bon timing, je serai justement à Hong Kong fin juillet-début août :-)
Rédigé par : indigonat | 14 juin 2010 21:10:00
Mais dans l'aquarium, ça ressemble drôlement à la palourde royale des Kiwis et des Hommes ;-)
Rédigé par : Cédric Sam | 15 juin 2010 00:15:39
C'est bel et bien ce que M. Tri appelle la palourde royale (panope, de son vrai nom, tel que rapporté par Marie-Claude L !
Rédigé par : Cédric Sam | 15 juin 2010 00:18:25
(D'ailleurs quand je suis repassé qqs jours plus tard, le geoduck était parti ! Qqu doit l'avoir commandé. Pauv' bête.)
Rédigé par : Marie-Julie Gagnon | 15 juin 2010 19:16:02
@Cédric @ indigonat: J'avais effectivement écrit dans ma légende qu'il s'agissait de la désormais célèbre palourde royale, mais il faut passer le curseur pour pouvoir lire les légendes de mes photos avec ce fabuleux outil nommé Typepad...