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10/04/2010

Une Québécoise à Santiago

On aime toujours avoir les impressions et les tuyaux de nos compatriotes en voyage. C'est pourquoi je recueille régulièrement les témoignages de Québécois exilés qui nous présentent leur coin de pays d'adoption.

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Née en Roumanie, Carmen Gerea a un parcours atypique. À 27 ans, elle vient d’obtenir sa citoyenneté canadienne, alors qu’elle vit… au Chili !  Installée à Santiago depuis juin 2009, cette grande amoureuse de la langue de Molière ne se sent pas moins Québécoise : « C’est une belle coïncidence de la vie qui m’a amenée au Québec. J’y ai vécu pendant presque six ans. Ma formation académique et une grande partie de mon expérience professionnelle portent l’empreinte du Québec. […] Même mon accent « français de France » – appris en Roumanie et pratiqué en France – a les belles couleurs du français québécois. » Incursion dans la vie latino-américaine de celle qui se définit comme une « entrepreneure et une nomade numérique ». En prime : quelques pistes pour voyager futé dans son pays d'adoption !

Providencia, Santiago (Collection personnelle)Son quartier : « Je loue un appartement, une espèce de grand loft tout équipé et tout frais compris, idéal pour s’installer et être fonctionnel rapidement dans la ville. Il est situé dans Providencia, une des communes de Santiago, la capitale du pays. Santiago a un peu plus de 5 millions d’habitants, sur le total de 16 millions du pays. Avec Las Condes et Vitacura, Providencia est une des communes les plus aisées de la ville. »

Pourquoi le Chili : « J’ai eu l’occasion de visiter le Chili à plusieurs reprises depuis 2006. Au début dans le cadre d’une mission commerciale de l’Université Laval, ensuite pour mon boulot et plus tard pour des vacances. C’est un pays qui m’a surprise, positivement. J’avais envie de donner plus de sens à mon parcours, de découvrir une autre culture et de voir si j’allais m’y plaire à long terme. »

Son boulot : « Je fais de la consultation en marketing web et veille stratégique, autant pour des entreprises chiliennes que pour des clients au Québec. J’ai démarré mon entreprise en 2009. Mon associée est à Québec, moi je suis basée au Chili et nous travaillons à distance. On peut donc m’appeler une nomade numérique.  »

Photo : collection personnelle Ce qu’elle aime le plus du Chili :  « J’aime cette société un peu moins individualiste que la société nord-américaine ou ouest-européenne. En même temps, petit bémol : les pays sud-américains sont extrêmement différents les uns des autres. Ici, c’est le Sud géographique, mais ce n’est pas « le Sud » des tout-inclus et des plages remplies de cocotiers. Le Chili a de fortes influences européennes, tout comme l’Argentine. Comme Est-Européenne ayant vécu en France et ensuite au Québec, je trouve que le Chili est un joli mélange de culture sud-américaine et européenne avec des influences nord-américaines. Il y a un certain ordre ci, un respect des règles et des autorités, qui imposent du respect à quiconque s’attend à y retrouver le manque de rigueur spécifique d’autres pays latino-américains. 

Au-delà des indicateurs économiques, si on regarde la qualité de vie des gens et le climat, je diras que c’est une destination intéressante pour quiconque voudrait s’imprégner d’une nouvelle culture. »

Ce qu’elle aime le moins : « Les inégalités sociales sont fortes. Malgré une classe moyenne développée et plus présente qu’ailleurs sur le continent, les écarts entre les très riches et les très pauvres demeurent importants. 

Pour ce qui est des relations d’affaires, deux choses m’agacent : 1- Le manque de ponctualité parfois fort (45 minutes de retard pour une réunion, c’est beaucoup) et 2- L’impossibilité viscérale des Chiliens de dire "non". Ils ont peur de décevoir et  de perdre la face donc il faut savoir détecter quand quelqu’un se dit intéressé ou veut s’impliquer dans un projet mais laisse volontairement (ou pas) trainer les choses. »

Voyager au Chili : « Le Chili est un pays très sécuritaire (NDLR : le Gouvernement du Canada émet toutefois quelques avertissements) avec un excellent système routier. Pour voyager d’une ville à l’autre, on peut facilement prendre des autobus tout confort ou louer une auto. L’offre de vols internes est aussi intéressante donc pour un court voyage d’affaires ou pour les touristes qui manquent de temps, l’avion peut être une solution.

Le Chili a longtemps misé sur d’autres secteurs économiques pour attirer des investisseurs et augmenter ses exportations. La mise en marché du secteur touristique est donc un élément relativement nouveau, d’où parfois le manque d’infrastructures touristiques ou d’efforts en promotion. Par contre, l’avantage est qu’on peut profiter d’une nature vierge et de paysages que l’être humain n’a pas encore dénaturés. »

Photo : collection personnelle Photo : collection personnelle

Ses coups de cœur touristiques : « Le Cerro Santa Lucia (une colline), un magnifique endroit situé en plein cœur de Santiago d’où l’on peut avoir une vue panoramique sur la ville. Toujours en ville, il y Bellas Artes, un quartier un peu bohème où l’on peut siroter un café sur une terrasse, se promener dans des foires d’artistes designers ou aller visiter un musée. Si on veut sortir de la ville, à une ou deux heures de route, on a accès aux montages ou à l’océan. Une des choses que j’adore à Santiago est la vue sur les montages. La ville est pratiquement entourée de monts souvent enneigés et les couchers de soleil y sont époustouflants, si le ciel est dégagé car oui, il faut le savoir, la ville est relativement polluée. »

D’autres incontournables: « Le désert d’Atacama dans le nord. Absolument magnifique ! Les lagunes, les geysers et les couchés de soleil aux mille couleurs, tout est là pour nous dépayser. Dans le sud, j’ai adoré Valdivia, dans la région de Los Lagos.  Par contre, au tremblement de terre, on recommande aux Canadiens d’éviter les déplacements non nécessaires entre la Ve et la VIIIe région. » 

3865437859_2fc33f382dTravailler à Santiago : « Si c’est facile de décrocher un emploi ici ? Oui et non. D’un côté, Santiago est une grande ville, une plaque tournante pour les affaires en Amérique du Sud, ce qui attire évidemment beaucoup d’entreprises étrangères. En plus, il y a un certain nombre d’entreprises chiliennes qui ont développé une présence régionale forte (en Argentine, Pérou, Bolivie, etc.). En ce sens, il y a évidemment des opportunités, surtout pour quelqu’un qui vient de l’étranger (autre culture, bonnes références universitaires, etc.) et qui parle plusieurs langues (l’anglais est un atout considérable car son apprentissage reste problématique ici). D’un autre côté, avoir un réseau ici est un facteur important donc quelqu’un qui arrive seul et n’a pas un emploi assuré doit être patient et armé de beaucoup de débrouillardise. Avoir une bonne maîtrise de l’espagnol est essentiel (exception : les  profs d’anglais). »

À propos du tremblement de terre : « Je n’ai pas vu l’ampleur de l’image projetée par les médias étrangers, mais j’espère vraiment, autant pour le Chili que pour ses habitants, que les gens ne s’imaginent pas que le pays est dévasté d’un bout à l’autre. Ce n’est pas le cas. Il y a des régions fortement touchées et cela va prendre des années avant que la situation s’améliore mais tout le monde est convaincu que le Chili s’en sortira et il sera même plus solide qu’avant. »

Son « pitch de vente » pour le Chili comme destination touristique : « Laissez-vous surprendre et vous allez découvrir un pays aux mille paysages, un peuple généreux et ouvert et une économie solide avec de belles opportunités. » 

À noter : « Le Chili est dans l’hémisphère sud. Les saisons sont donc inversées par rapport au Québec. De novembre à mars, c’est l’été et les journées sont plutôt chaudes, la température pouvant dépasser les 35 degrés, mais les nuits sont fraîches. »

Sur le Web : Le blogue de Carmen et le site Web de son entreprise (en espagnol). On peut également la suivre sur Twitter et sur Facebook (page de son entreprise).

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Marie-Julie GagnonMarie-Julie Gagnon

Sorte de créature hybride à mi-chemin entre Minifée et Carrie Bradshaw, Marie-Julie Gagnon aime autant parcourir la planète sac au dos qu’avec sa valise à roulettes. Aujourd’hui journaliste, reporter, chroniqueuse, auteure et bloggeuse, elle n’arrive toujours pas à choisir le chapeau qu’elle préfère.

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