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11/03/2010

Une Québécoise à Tel Aviv : à deux pas de la Méditerranée

On aime toujours avoir les impressions et les tuyaux de nos compatriotes en voyage. C'est pourquoi je recueille régulièrement les témoignages de Québécois exilés qui nous présentent leur coin de pays d'adoption. 

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Maude Robitaille, 29 ans, vit à Tel Aviv avec son amoureux, un Israélien rencontré il y a quatre ans. Après avoir fait plusieurs allers-retours entre le Québec et le Moyen-Orient, elle a décidé de poser son son baluchon pour de bon en juillet 2009. 

Son quartier : « Après avoir habité un an à Jérusalem il y a quelques années, je suis maintenant à Tel Aviv. C'est la plus grande ville d'Israël et aussi la plus occidentale. On pourrait se sentir à Montréal si on pouvait faire abstraction de la langue et des palmiers ! J'habite dans un quartier à la mode avec plusieurs magasins et cafés. Mon appartement comporte deux chambres à coucher, un salon, une petite cuisine et une salle de bain. Dans les standards d'ici, c'est un grand appartement. Par contre, le tout n'est pas en très bon état puisque les prix des loyers sont très élevés et que je ne peux pas me permettre un endroit bien rénové. La mer Méditerranée est à 10 minutes de marche… »

Ce qui l’a amenée en Israël : « Je suis ici par amour ! J'ai rencontré mon conjoint en Allemagne en 2006 et, depuis, nous tentons de trouver le bon endroit pour vivre. Pour l'instant, je suis réceptionniste dans une auberge de jeunesse. Je peux ainsi côtoyer des gens du monde entier. Je donne aussi des cours privés de français et d'anglais. J'ai un diplôme universitaire en enseignement des langues, mais comme le marché de l'éducation est très fermé ici et que mon hébreu n'est pas encore parfait, je prends mon mal en patience avant de pouvoir continuer à faire mon vrai métier. »

GetAttachment-1.aspxPourquoi vivre Tel Aviv : « C'est un choix de couple, mon conjoint est impliqué dans l'aide aux Palestiniens et ce n'est pas quelque chose qu'il pourrait faire à distance. De mon côté, j'espère pourvoir recommencer à enseigner bientôt. »

Ce qu’elle aime le plus : « En tant que Québécoise, il serait impossible pour moi de ne pas mentionner la température ! Il pleut seulement de décembre à février et le reste de l'année, le ciel est bleu et ma peau est bronzée. J'adore ! J'aime aussi le style de vie plus relax, passer des heures à siroter un thé sur la terrasse d'un café... Les fruits et les légumes sont toujours frais et bon marché, ainsi que les poissons fraîchement pêchés. Il est aussi très agréable de rencontrer des gens de partout (autant des touristes que des nouveaux immigrants) et d'explorer les environs à vélo. En Israël, pas besoin de prendre rendez-vous avec les amis; on va et on vient d'une maison a l'autre, on partage la nourriture, les nouvelles, on se raconte de histoires… »

Ce qu’elle aime le moins : « La discrimination, autant au niveau de l'origine, de la provenance ou de la religion. Ici, quand vous rencontrez quelqu'un, on vous demande votre nom et votre religion ! Je trouve qu'il est facile de se sentir exclu si on n'appartient pas à la "bonne catégorie" de gens. De plus, en tant que touriste, les marchands et spécialement les chauffeurs de taxi tentent de se remplir les poches avec vous… La politique israélienne me pose également un problème parce qu'il y a énormément d'injustices dans la vie quotidienne. Les Arabes se voient refuser des emplois, chasser de leur maison… Je participe régulièrement à des manifestations et j'espère de tout cœur que l'occupation israélienne cessera bientôt et que ces deux peuples, au fond sont si semblables, parviendront à un accord de paix à long terme. »

GetAttachment-2.aspx Travailler à Tel Aviv : « Trouver du boulot n'est pas si difficile, mais obtenir un permis de travail implique de laborieuses démarches ! Pour les gens de confession juive - ce qui n'est pas mon cas - il est très facile d'obtenir les papiers nécessaires en seulement quelques jours. Pour les étrangers comme moi, il y a seulement deux avenues : prouver notre relation à long terme avec un Israélien (ce que nous avons fait) ou avoir une offre béton d'un employeur local. En tout, j'ai mis environ six mois à réunir les documents demandés et à passer les nombreuses entrevues. La langue est aussi une difficulté supplémentaire pour trouver du travail et les étrangers se retrouvent trop souvent à jouer le rôle de téléphonistes pour des compagnies américaines, ce qui force à travailler la nuit pour s'adapter au décalage horaire. »

Voyager en Israël : « Il est relativement simple de se rendre en Israël en tant que touriste, si toutefois vous n'avez pas au préalable visité des pays musulmans. Vous obtenez automatiquement un visa de trois mois à l'aéroport. Sauf si vous mentionnez que vous voulez vous rendre en territoire palestinien, vous ne devriez pas avoir de problèmes. La majorité des Israéliens parlent un anglais relativement bon. Il est donc aisé de demander des renseignements dans la rue. Les transports en commun ne sont pas toujours fiables, mais il y a toujours moyen de se rendre d'une ville à l'autre à peu de frais. Les Israéliens ont une réputation d'être de mauvais voyageurs, mais ils sont par contre accueillants avec les touristes... »

Ses coups de cœur touristiques : « Par où commencer ? À Tel Aviv, la mer est définitivement un incontournable: turquoise, chaude environ 10 mois par année… Le shouk, un grand marché de fruits et légumes où on peut aussi acheter vêtements, souvenirs et articles de maison, est également une expérience à vivre à Tel Aviv. Mais attention, soyez prêts à marchander pour avoir de bons prix! Je suggère d'y aller spécialement le vendredi matin, avant le début du Shabbat (congé juif du samedi), parce que la fébrilité est alors palpable !

Que vous soyez catholique, musulman ou juif, ou alors pas du tout religieux, la ville de Jérusalem est également un incontournable a visiter, et spécialement la vieille ville. A cet endroit, vous sentez vraiment que vous êtes au Moyen-Orient et croyez-moi, c'est tout un dépaysement! Les gens crient en hébreu, en arabe, en russe, etc… Ça bourdonne d'activités et il y a tant à voir, à sentir et à goûter que définitivement, une journée n'est pas assez.

La ville de Saint-Jean-d'Acre fait également partie du patrimoine mondial de l'UNESCO. La mer Morte, plus au sud, mérite aussi un petit plongeon. C'est vrai, on y flotte très à l'aise et on peut même y lire son journal ! Israël est un très petit pays qu'on peut parcourir en entier en quelques heures, mais son principal attrait est que chaque région, et même presque chaque quartier, est très différent des autres et nous transporte à chaque fois dans l'histoire.  »

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Un mythe qu’elle aimerait voir changer :
« Oui, certaines parties d'Israël sont en guerre et il est dangereux de s'y rendre, mais la vie quotidienne à Tel Aviv ou à Jérusalem ne correspond pas à ce que l'on voit à la télévision ! Si vous évitez les régions à risque comme Gaza, Israël est un pays très sécuritaire où il fait bon se promener, même pour une femme seule. Et non, les hommes du Moyen-Orient ne sont pas tous des terroristes ou des machos qui forcent leur femme à se couvrir de pied en cap ! »

Son « pitch » de vente pour son coin de pays d’adoption : « Bethléem, Nazareth, Jéricho, Jérusalem… Tout le monde a déjà entendu parler de ces endroits et, selon moi, tout le monde devrait avoir la chance de les visiter un jour ! Il y a tellement d'histoire entre ces murs, ces églises, ces mosquées et ces synagogues… Chaque pierre que nous foulons a été foulée par des centaines de générations avant la nôtre, ce qui est assez impressionnant quand on y pense ! »

Quand y aller : « Je suggère de visiter Israël de mars à juin, ou encore de septembre à novembre. Les mois de juillet et août sont réellement très chauds et il est pratiquement impossible de marcher au soleil pendant la journée. Les mois d'hiver sont pluvieux et peuvent être froids, particulièrement dans les montagnes. »

Ses tuyaux : « Dans un taxi, demandez toujours qu'on mette en marche le compteur pour ne pas vous retrouver avec un prix approximatif gonflé par le chauffeur ! Lorsque vous visitez des sites touristiques, mesdames, prévoyez toujours une écharpe pour vous couvrir les épaules et la tête. Beaucoup d'endroits exigent une tenue modeste pour entrer. Pour les hommes, il est important d'avoir des bermudas qui descendent au moins jusqu'aux genoux. Il est important de s'informer des coutumes d'un quartier avant de s'y rendre : la mini-jupe est parfaitement acceptable sur les plages de Tel Aviv, mais absolument déplacée dans les quartiers religieux de Jérusalem. Marchandez toujours dans les marchés, vous pouvez habituellement obtenir la moitié du prix si vous paraissez désintéressé et que vous faites mine de partir. Ne laissez jamais vos objets personnels sans surveillance, à la plage par exemple. Ils disparaîtront à la vitesse de l'éclair ! Si vous voulez discuter politique, assurez-vous de savoir a qui vous avez affaire ! »

Son blogue : mauderob.spaces.live.com

- Propos recueillis par Marie-Julie Gagnon

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Marie-Julie GagnonMarie-Julie Gagnon

Sorte de créature hybride à mi-chemin entre Minifée et Carrie Bradshaw, Marie-Julie Gagnon aime autant parcourir la planète sac au dos qu’avec sa valise à roulettes. Aujourd’hui journaliste, reporter, chroniqueuse, auteure et bloggeuse, elle n’arrive toujours pas à choisir le chapeau qu’elle préfère.

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