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18/11/2009

Une amiga à Buenos Aires

Mercedes J'avais très hâte de rencontrer Mercedes une sociologue et mère de deux enfants. C'est l'ONG Cicerones, un amigo en Buenos Aires, qui m'a mise en contact avec elle. Mais attendez, je vais vous raconter depuis le début...

J'avais vaguement entendu parler de ces groupes de bénévoles qui font visiter leur coin de pays aux voyageurs : People-to-People aux Bahamas, Parisien d'un jour à Paris... L'objectif est toujours le même : permettre à un étranger d'échanger avec un résident pour mieux comprendre la culture et découvrir des endroits qui sortent des clichés touristiques.

L'association The Global Greeter Network regroupe plusieurs de ces organismes. Quinze villes sont actuellement membres du regroupement, dont New York et Toronto. Curieuse de « tester » ce service, la porte de Cicerones est la première à laquelle j'ai frappée quand j'ai su que j'irais à Buenos Aire. 

Mercedes au café Tortoni (Photo: Marie-Julie Gagnon)À peine trois jours après avoir rempli le formulaire d'inscription, je reçois un courriel me confirmant le nom de celle qui passerait environ deux heures avec moi. C'est Mercedes qui m'a écrit la première dans un anglais impeccable, répondant du coup à la question que tout le monde se pose à propos de la motivation des bénévoles : « Pour moi qui suis sociologue, c'est une manière de voir comment les étrangers perçoivent ma ville ».

« Qu'as-tu envie de voir ? » me demande-t-elle. Mes requêtes sont plutôt simples : « Montre-nous les lieux que tu préfères et emmène-nous au meilleur endroit pour déguster de la crème glacée au dulce de leche ! » Nous nous donnons rendez-vous à quelques pas de la Plaza de Mayo

J'avais très hâte de rencontrer Mercedes, disais-je. Mais une grève du métro a bien failli faire avorter notre expédition ! Elle arrive avec une bonne demi-heure en retard, se confondant en excuses. Pas grave : ayant eu des problèmes à trouver un taxi pour nous emmener dans ce quartier névralgique à cause de ladite grève, nous aussi, étions en retard...  

Rapidement, nous agissons comme de vieilles copines. La jeune trentenaire nous parle de l'histoire de la Place, de l'architecture des immeubles qui la bordent, des fleurs qu'on peut admirer dans les parages selon les saisons... 

Nous pénétrons dans ce drôle de bâtiment qui nous intriguait depuis notre arrivée, ma complice de voyage et moi. Surprise : ce qui ressemblait à un temple grec est en réalité la Cathédrale métropolitaine de Buenos Aires, la principale église catholique de la ville !

La Cathédrale métropolitaine de Buenos Aires (Photo : Marie-Julie Gagnon) 

Nous poursuivons notre balade sur l'Avenida de Mayo. Pour combler un petit creux, Mercedes nous suggère ses alfajors favoris à saveur de dulce de leche et chocolat. Aucun doute : nous sommes faites pour nous entendre ! lol

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Nous passons devant le Palacio Barolo, qui détonne avec les bâtiments environnants. Puis, petite pause pour boire un cafe con leche au légendaire Café Tortoni, avant de reprendre notre route jusqu'au Palacio del Congreso. « J'ai passé toute ma vie à quelques coins de rue d'ici, raconte Mercedes. Enfants, nous venions grimper sur les statues et nous baigner dans les fontaines. » Aujourd'hui, d'imposantes clôtures empêchent quiconque de s'approcher des monuments.

Palacio del Congresso vu du parc avec, devant, un sans-abris... (Photo: Marie-Julie Gagnon)

Et c'est reparti. Chemin faisant, nous parlons de tout et de rien. J'apprends ainsi que la cumbia digitale, un dérivé de musique traditionnelle à la sauce électro qui fait fureur sur la scène internationale, semble déjà un peu dépassée pour certains Argentins (« et puis, je n'aime pas la cumbia ! » ajoute Mercedes), que le film Evita mettant en vedette Madonna est perçu comme une romance un peu insipide par les porteños et que la saga Twilight connaît un succès fou en Argentine aussi... 

Nous voici à Recoleta, un quartier un peu plus huppé. « Nous allons manger ici, dit-elle en nous indiquant un restaurant qui ne paie pas de mine. On y sert des spécialités autochtones qu'on retrouve surtout à l'extérieur de Buenos Aires. » Le menu de Cumaná me laisse d'abord un peu perplexe. J'ai l'impression que tous les plats contiennent de la citrouille (et je n'en suis pas particulièrement friande) ! 

Après avoir goûté quelques (excellents) empanadas, je ne peux m'empêcher d'esquisser une grimace en apercevant le Pastel de calabaza y lomo al bum (à base de boeuf et... de citrouille !) que le charmant serveur dépose devant moi. Quoi ?!! C'est cette espèce de bouillie orange qui constituera mon repas ? Je regrette soudainement de ne pas avoir commandé une pizza. Mais dès la première bouchée, tous mes regrets s'envolent : c'est absolument exquis (ai-je déjà dit que je n'aimais pas la citrouille, moi ?) ! 

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Pastel de calabaza y lomo al bum. Miam ! Miam ! (Photo : Marie-Julie Gagnon) 

Après m'être sustentée de la sorte, il m'apparaît inconcevable de trouver ne serait-ce qu'un micro-espace dans mon estomac pour un dessert. Mercedes, qui n'avait pas oublié ma requête, nous emmène voir l'un de ses endroits favoris : la librairie El Ateneo. WOW !!! 

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L'endroit a connu plusieurs vies. D'abord un théâtre, il a ouvert ses portes en 1919 et s'est converti en cinéma à la fin des années 1920. En 2000, l'impressionnante librairie que nous avons devant les yeux a enfin offert ses rayons aux bouquineurs. Re-WOW !!!

Juste avant de nous dire au revoir, Mercedes nous entraîne dans le temple de la gourmandise : Volta, ouvert par la même famille qui a lancé le légendaire Freddo. Et là, je vous jure que malgré mon absence d'appétit, j'ai eu l'un des orgasmes gustatifs les plus puissants de ma vie. La crème glacée au dulce de leche tentación avait l'onctuosité parfaite. La confiture de lait venait caresser le palais juste après le choc thermique causé par la glace. Du gros bonheur pour moins de 4 $. La prochaine fois, je me promets d'essayer les cinq endroits mentionnés sur Buenos Aires Foodies !

Volta 

Les deux heures se sont transformées en demi-journée. Mercedes doit filer pour aller chercher ses enfants à l'école. Je lui promets de lui faire parvenir des photos et lui fais la bise. Quelques heures plus tard, elle m'envoie par courriel la liste de ses groupes musicaux argentins favoris. 

Si j'ai aimé l'expérience ? En doutez-vous ? Maintenant, je compte bien avoir recours à ce service dans toutes les villes de la liste de l'association The Global Greeter Network !

Notes pratico-pratiques : les bénévoles n'acceptent pas les pourboires, mais les contributions pour l'organisme sont très apprécies. Certains bénévoles parlent français. Réservez à l'avance car ils sont peu nombreux ! Ah ! Pour ceux qui se pose la question, « Cicerones » fait référence au philosophe romain Cicéron.

D'autres billets sur l'Argentine :

• À la recherche de Mafalda

Prendre un café avec l'histoire

• Passion tango

• Heureux d'un printemps... argentin

• Bons baisers de Buenos Aires 

À voir : les galeries photos des quartiers San Telmo et La Boca.

Merci à Air Canada, grâce à qui ce voyage a été possible. Air Canada offre cinq vols par semaine à Buenos Aires avec escale à Toronto.

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Biographie

Marie-Julie GagnonMarie-Julie Gagnon

Sorte de créature hybride à mi-chemin entre Minifée et Carrie Bradshaw, Marie-Julie Gagnon aime autant parcourir la planète sac au dos qu’avec sa valise à roulettes. Aujourd’hui journaliste, reporter, chroniqueuse, auteure et bloggeuse, elle n’arrive toujours pas à choisir le chapeau qu’elle préfère.