Un Québécois à Barcelone : au-delà de L'Auberge espagnole
On aime toujours avoir les impressions et les tuyaux de nos compatriotes qui connaissent les régions que nous souhaitons visiter. C'est pourquoi je recueille chaque semaine les témoignages de Québécois exilés qui nous présentent leur coin de pays d'adoption.
Dès sa première visite à Barcelone, à l’occasion d’un stage de trois mois, Pierre Lafortune, est conquis. Un an plus tard, il décroche un emploi dans la capitale catalane depuis Montréal. À 30 ans, il entame sa troisième année d’exil. « Comme je le dis souvent : on revient toujours à Barcelone ! »…
Pourquoi vivre à Barcelone : « Il serait plus facile de répondre à la question "pourquoi ne pas vivre la bas" ! Je dirais pour le climat méditerranéen, pour la nourriture et l'importance qu'on y accorde, pour les différentes cultures qui y cohabitent, mais surtout pour cette énergie extraordinaire et inexplicable que cette ville dégage jour et nuit, 365 jours par année. C'est aussi un endroit qui offre un certain niveau de dépaysement, tout en étant assez près du Québec dans sa mentalité. En mettant le pied ici, je me suis instantanément senti un peu chez moi. »
Son quartier : « J'habite un quartier résidentiel qui s'appelle Guinardo. Le bus touristique ne passe pas par là, et la plupart des gens de passage à Barcelone n'en entendront pas parler. Comme Barcelone n'est pas très étendue, on n'est jamais très isolé. En vélo, en bus ou en métro, je suis à quelques minutes du centre. Il y a quand même de la vie, puisque chaque quartier de Barcelone a son "centre-ville", avec ses places, ses marchés et sa rue principale. Cette particularité urbanistique est due au fait que la ville a progressivement englobé les villages avoisinants. Chaque quartier conserve donc son identité et sa personnalité. »
Son boulot : « Je suis chercheur dans une entreprise para-publique, le Barcelona Supercomputing Center. Barcelone est très active dans certains secteurs de recherche, notamment en biomédical. »
Ce qu’il aime le plus : « Pouvoir courir dehors en short toute l'année ! »
Ce qu'il aime moins : « Les heures d'ouverture des magasins: ils ferment l'après-midi, et même après deux ans, je ne suis pas arrivé à comprendre le système, ni ce qu'ils entendent par "après-midi" ! Aussi, les gens se poussent pour entrer en premier dans l'autobus. Et quand il pleut ils ne sortent pas. »
Mode de vie : « Les Barcelonais adorent manger. Bien, souvent et longtemps. Impossible de ne pas aborder la question gastronomique... Il y a une sélection très variée de restaurants. Il peut être difficile de s'y retrouver. Voici donc quelques suggestions. Vous cherchez un très bon et réputé bar de tapas avec peu (ou pas) de touristes? La Esquinica (296, Passeig de Fabra i Puig) représente une valeur sûre. Vous n'avez pas la patience de faire la file d'attente de trois ans pour manger dans le restaurant de Ferran Adrià ? Le Comerç 24 (24, rue Comerç) vous donnera un bel aperçu de la nouvelle cuisine catalane. Vous voulez savoir pourquoi on dit que Barcelone est une des villes les plus cool et tendance en ce moment ? Le Gata Mala (37, rue Rabassa) pourrait être un début de réponse. »
Des incontournales : « Il serait dommage de quitter Barcelone sans avoir jeté un coup d'œil à la Sagrada Familia, la pièce maîtresse de l'œuvre de l'architecte Antoni Gaudí. Dans la même veine, le Palau de la Música Catalana est à voir. Essayez aussi de passer un peu de temps dans chaque quartier : la Barceloneta, le Born, le Raval, le Barri Gòtic, Gràcia, etc. »
D’autres coups de coeur : « Barcelone offre la possibilité de sortir de la ville de manière rapide, efficace et économique (en train, par exemple). Alors pourquoi ne pas explorer un peu les villages de la côte ? La destination la plus populaire est sans doute Sitges. Pour sortir un peu des sentiers battus, je suggère Cubelles (vers le Sud) ou Sant Pol de Mar (vers le nord). »
Trouver un emploi : « L'Espagne est très touchée par le crise économique. J'imagine qu’il est assez difficile de trouver quelque chose ces temps-ci. Par contre, pour un poste non-spécialisé, c’est différent. Je connais des étrangers qui ont trouvé assez facilement des emplois de serveurs pendant la saison touristique. »
Son « pitch de vente » : « Catalane et espagnole, entre la mer et la montagne, traditionnelle et moderne (en plus de moderniste), culturelle et fêtarde, la ville comtale a quelque chose à offrir à tout le monde. Découvrez sa cuisine et son architecture unique, ses ramblas fleuries, ses places animées et les ruelles sombres de son quartier gothique. »
Un mythe qui l’agace à propos de Barcelone : « L'effet "Auberge Espagnole", que Barcelone c'est juste la fête et que je vis dans un appartement avec 18 autres jeunes de nationalités différentes. Bon, OK, c'est un peu vrai… mais pas tant que ça ! »
Quand y aller : « Je crois que c'est bien toute l'année. Mais attention : en plein hiver, il peut faire froid (moyenne de 10 degrés en janvier). J'éviterais août parce que plusieurs endroits sont "fermés pour vacances" et que la ville est laissée aux mains des touristes. Notez que le transporteur Air Transat offre maintenant un vol sans escale Barcelone-Montréal. »
Son blogue personnel : lafo2.blogspot.com
– Propos recueillis par Marie-Julie Gagnon
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Pour plus d'information, consultez le site www.barcelonaturisme.com.
Vous êtes Québécois et vivez à l’étranger ? N’hésitez pas à me contacter si vous avez envie de faire connaître votre coin de pays d’adoption à l'adresse entransit@live.ca !
Commentaires
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Rédigé par : Etolane | 3 nov 2009 21:13:11
Barcelone me fait toujours rêvé et le Laos, j'ai un étrange fantasme de Laos. mais Barcelone... La perception de ce québécois là-bas nourrit cette impression d'évasion qui me fait rêvasser et c'est cool d'avoir des repères non cliché de non touriste! :)
Rédigé par : Poupette | 7 fév 2010 20:48:40
Barcelone! Quelle belle ville! De tous les endroits visités à ce jour, Barcelone demeure incontestablement notre coup de coeur. Je ne me lasserai jamais d'y retourner, et ce, à n'importe quel moment de l'année. Si on me disait qu'il faille que je m'exile pendant un an à l'étranger c'est à Barcelone que je serais prête à aller. Allez-y, vous aussi vous serez charmé! ;o)