Passion tango
Je suis toujours fascinée par la passion qui anime les adeptes du tango. Ils semblent avoir compris quelque chose qui m'échappe. Parler une langue qui m'est étrangère. Toujours, dans leurs yeux, cette flamme qui danse. Ce feu qui les réchauffe sans les consumer. Comme si leurs pas les portaient dans un monde à part.
À l'hôtel, je fais la connaissance de Lila, une Française qui s'est itnitiée au tango il y a quelques mois. En plus des leçons intensives, elle sort quotidiennement danser dans les milongas. « Chaque soir, je vais dans un endroit différent, raconte-t-elle. Je demande aux hommes avec qui j'aime danser de m'indiquer quels sont les meilleurs endroits où se rendre selon le jour de la semaine. » Elle connaît les danseurs les plus réputés et entretient les liens tissés avec d'autres passionnés lors de ses voyages précédents grâce à Internet. « Je dirige une entreprise, raconte-t-elle. Pour moi, danser le tango implique un abandon. » Un abandon, mais aussi une intensité et une sensualité. Le bas des corps ne se touchent pas, mais les coeurs, eux, s'unissent le temps de quelques pas. « Les bons danseurs respirent au même rythme », dit Lila.
Pour prendre plaisir à la danse, il faut bien sûr connaître les pas de base et s'exercer, s'exercer encore. N'étant pas initiée à la chose, je tente de savoir quelle milonga est incontournable pour avoir un aperçu de la scène locale. La Confiteria Ideal semble sortir du lot. « C'est plus authentique que plusieurs autres endroits qui sont remplis de touristes », insiste Firmin, guide argentin qui a vécu au Québec pendant 13 ans.
Je m'y rends en compagnie de ma complice de voyage. Nous arrivons sur les lieux à 20h45 un dimanche soir pour découvrir que l'endroit ferme ses portes... à 21h. Quelques couples virevoltent toujours dans ce lieu historique. Les femmes semblent « habiter » leur corps, peu importe leur silhouette. Les pieds bien ancrés au sol, elles exécutent chacun des pas avec fluidité, malgré leurs chaussures aux talons fins et vertigineux. Les hommes les guident avec une assurance qui fait oublier leurs ventres souvent proéminents. Devant nous, des corps et des âmes. Des corps et des âmes qui flottent au-dessus du sol. J'ai l'impression d'être transportée dans une autre époque.
En septembre dernier, le tango a été inscrit au patrimoine mondial immatériel de l'Unesco, tout comme 75 autres traditions de 27 pays. Née au 20e siècle, dans les quartiers populaires de Buenos Aires et de Montevideo, la danse est le résultat d'un mélange de coutumes et de rituels. « Il est difficile de connaître l'origine exacte du tango tant ses sources sont métissées, peut-on lire dans le guide Fabuleuse Argentine des éditions Ulysse. Mais il est vraisemblable que la formidable vague d'immigration de la fin du XIXe siècle a fourni les conditions de son éclosion. »La musique est venue la première. Guitare, flûte et violon, à la portée des immigrants, sont devenus les instruments de l'âme des porteñas. Puis,le violon, la contrebasse, le piano et, surtout, le bandonéon, parent de l'accordéon, lui donnent aujourd'hui sa couleur unique. Les chanteurs infusent également une profondeur sans pareil. Le plus célèbre interprète de tango reste Carlos Gardel.
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Merci à Air Canada, grâce à qui ce voyage a été possible. Air Canada offre cinq vols par semaine à Buenos Aires avec escale à Toronto.

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