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30/09/2009

Un Québécois en Arizona : mon pays, ce n'est plus l'hiver...


On aime toujours avoir les impressions et les tuyaux de nos compatriotes qui connaissent les régions que nous souhaitons visiter. C'est pourquoi je recueille chaque semaine les témoignages de Québécois exilés qui nous présentent leur coin de pays d'adoption.

« Saguaro National Park à Tucson avec mon FJ cruiser comme échelle. Des cactus ça peut devenir très gros. » (Photo: Sébastien Lavoie)À 33 ans, Sébastien Lavoie en a eu assez de l’hiver. Un matin de novembre où sa voiture était ensevelie sous la neige, le géologue originaire du Lac-Saint-Jean décide de poser sa candidature pour un emploi en Arizona. Il décroche le poste affiché par la compagnie minière Freeport McMoRan Copper & Gold. Après deux ans dans la petite municipalité de Morenci, il transporte ses pénates à Tucson, deuxième ville en importance après Phoenix, où il vit maintenant avec sa compagne américaine.

Son quartier : « J'habite dans la frange nord de Tucson au pied des montagnes Santa Catalinas. Je me suis fait construire une maison dans un nouveau développement l'année dernière. Il y a des lynx, des cougars, des coyotes, des lapins, des chevreuils et une tonne d'oiseau qui se promènent presque dans ma cours arrière. »


« Chiricahua National Monument. Supposément la place où il y a la plus grande concentration de serpent à sonnette en Arizona » (Photo : collection personnel)

Ses coups de cœur dans les environs :
« De la roche partout, c'est le paradis pour géologue ! Il y a bien sûr le Grand Canyon, mais aussi les volcans les plus jeunes d'Amérique du nord, un cratère météoritique, d'incroyables parcs nationaux avec des paysages à couper le souffle (cliché mais vrai !) et une végétation qui rappelle les bons vieux westerns. On peut faire de la randonnée douze mois par année. C'est certain que l'été, à 45°C, il faut vraiment être motivé... Tous les cyclistes des États-Unis semblent se rassembler ici durant l'hiver pour continuer leur entraînement sous le soleil. »

Ses incontournables : « Outre le Grand Canyon, Sunset Crater, Meteor Crater et Saguaro National Park. Il y a aussi des villes minières fantômes qui ont été converties en village de touristes et de hippies. Jerome et Bisbee sont les deux plus intéressantes à mon avis. Chacune possède son hôtel "hanté"… Il est également possible de rouler jusqu’à San Diego, en Californie (six heures), à Las Vegas, au Nevada (sept heures), à Monument Valley, en Utah (sept heures) et à El Paso, Texas (cinq heures). Par ailleurs, de Tucson, il faut seulement 45 minutes pour se rendre à la frontière du Mexique, que l’on peut traverser à pied à Nogales pour un choc culturel assuré. Malheureusement, il est de moins en moins recommandé d'y aller à cause des cartels de drogue. »

Sébastien et Jennifer, sa compagne, dans la Joshua tree forest

Ce qu'il aime le plus :
« L'absence de neige est vraiment le point fort ! Il n'y a pas de moustiques le soir, on peut donc veiller dehors à la belle étoile. Moi qui ai toujours été un fan de cuisine mexicaine authentique, ici, je suis comblé !  Le fait que mon salaire ait doublé est aussi intéressant. »

Ce qu'il aime moins : « Ma famille est loin et je suis pas mal tout seul qui parle "québécois" dans le coin. D'ailleurs personne ne réussit à trouver d'où vient mon accent quand je parle anglais. Les gens pensent que je suis Suédois ou Hollandais... Je ne crois pas que je vais rester ici à tout jamais. Mais comme nous avons des mines au Chili, Pérou, Congo, Indonésie je vais peut-être penser à me faire transférer avant de démissionner. »

Voyager en Arizona : « C'est facile comme au Québec, sauf que l'essence est à moitié prix et que les routes n'ont pas de trous ! »

Son « pitch de vente » : « Si vous aimez prendre la route à vélo ou en auto, le Sud-Ouest américain possède les meilleures en Amérique du nord (à l’exception du Nouveau-Mexique). En une journée, vous pouvez passer d'une végétation de désert avec des cactus et des serpents à sonnette à celle des hautes montagnes avec de la neige et des pins trop gros pour en faire le tour avec vos bras. »

« Longue route droite d'Arizona avec montagne de lave en arrière plan Notez les large accotement pour les bicyclettes. » (Photo : Sébastien Lavoie)

Ses tuyaux :
« À mon avis, le meilleur moment pour visiter l’Arizona est en avril ou en mai car une bonne partie des snowbirds ont déjà quitté et le prix des hôtels commence à baisser. Au printemps, les cactus sont en fleurs et ce n'est pas encore la chaleur écrasante du mois de juillet. Si vous préférez le camping c'est la meilleure saison. Les nuits sont fraîches et les serpents sont encore en hibernation. »

Sébastien devant un camion à la mine de cuivre de Morenci (Photo : collection personnelle)

Chocs culturels potentiels :
« Les gens sont habituellement joviaux et tout le monde se salue. Ça surprend un peu au début. Aussi, ne vous étonnez pas si vous rencontrez un "cowboy" qui se promène avec une arme de poing à la ceinture. Ils ne sont pas dangereux. :-) »

Son blogue personnel (mis à jour très irrégulièrement) : sebastienlavoie.com 

 Marie-Julie Gagnon

***

Pour plus d'information, consultez www.arizonaguide.com.

Vous êtes Québécois et vivez à l’étranger ? N’hésitez pas à me contacter si vous avez envie de faire connaître votre coin de pays d’adoption à l'adresse entransit@live.ca !

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Biographie

Marie-Julie GagnonMarie-Julie Gagnon

Sorte de créature hybride à mi-chemin entre Minifée et Carrie Bradshaw, Marie-Julie Gagnon aime autant parcourir la planète sac au dos qu’avec sa valise à roulettes. Aujourd’hui journaliste, reporter, chroniqueuse, auteure et bloggeuse, elle n’arrive toujours pas à choisir le chapeau qu’elle préfère.