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15/09/2009

Une Québécoise à Isla Mujeres

On aime toujours avoir les impressions et les tuyaux de nos compatriotes qui connaissent les régions que nous souhaitons visiter. C'est pourquoi je recueille chaque semaine les témoignages de Québécois exilés qui nous présentent leur coin de pays d'adoption.
Une des photos favorites de Renée Wathelet

Renée Wathelet a quitté une île pour en adopter une autre. Après une carrière dans le monde de la finance, elle a pris le virage du Web 2.0, qui lui permet aujourd'hui de mener la vie de nomade dont elle rêvait.

Son bureau, elle le transporte là où elle en a envie. La transition entre ses vies montréalaise et mexicaine s'est faite tout en douceur, au fil des séjours prolongés. Quand on lui demande son âge, la Québécoise d'origine française répond : « l'âge idéal pour vivre ce que je vis ! ».

Son quartier : « J'habite Isla Mujeres, une petite île située au large de Cancun, au nord-est de la Péninsule du Yucatan, au Mexique. Je vis seule dans un petit appartement situé face à la mer des Caraïbes, dans la partie des colonias (NDLR : quartiers), où vivent principalement des Mexicains et quelques expatriés. »

Pourquoi vivre à Isla Mujeres : « Bonne question ! En fait, j'ai découvert l'île tout à fait par hasard il y a une dizaine d'années. Une de mes copines m'avait prêté son condo à Puerto Juarez en me disant de prendre le bateau et d'aller la visiter. Elle était sûre que j'allais adorer. Je l'ai écoutée et cela n'a pas pris deux jours que je commençais à mijoter des projets pour y venir plusieurs mois par an ! »

Une grande amoureuse des chats

Ce qu'elle aime le plus de sa vie là-bas :
« Les longues conversations à bâtons rompus avec mes copains, à croire que le temps a suspendu son vol... Donner un coup de main à Delfino, notre vétérinaire, qui fait un travail fantastique pour améliorer la qualité de vie des chats et des chiens de l'île (et, par le fait même, celle de ses habitants). Marcher le long de la mer au lever du jour, avant de commencer ma journée de travail. Le yoga au coucher du soleil avec une de mes copines. Travailler en regardant la mer. Et même le petit côté surréaliste du Mexique, car jamais rien ne se passe comme prévu. On apprend vite à avoir un plan b, et même un plan c... et beaucoup de patience ! »

Voyager à Isla Mujeres : « C'est très facile. Avec la proximité de la Riviera Maya et de ses tout-inclus, il y a des vols quotidiens vers Montréal, directs ou avec connexions qui nous amènent à l'aéroport de Cancun. Depuis l'aéroport, taxi (ou autobus pour les plus aventureux) en direction de Puerto Juarez, un bateau, 15 minutes en mer et nous y sommes ! »


Ses coups de cœur touristiques :
« Sur l'ile : la plongée sous-marine, la plongée en apnée... Il y a aussi les incroyables levers et couchers de soleil, les loncherias (NDLR : snack bars)... Sur le continent : les villes de Valladolid et de Merida, les ruines de Tulum, de Cobá et d'Ek Balam pour ne parler que de celles-là. »

6a00e54f91645288340120a5c16d77970c-320piSes incontournables : « Louer un vélo ou une voiturette de golf et en faire le tour pour admirer les paysages et aller voir les ruines du petit temple consacré à Ixchel, à l'une des extrémités de l'île. Il est aussi possible de faire une excursion à Contoy, une île au nord d'Isla Mujeres habitée uniquement par des milliers d'oiseaux - une heure de bateau pour aller, avec la possibilité de faire de la plongée en apnée en cours de route, sans oublier le poisson grillé préparé à la mode maya (Tik'n chik) par le capitaine du bateau ! Une inoubliable journée. Et pour ceux qui viennent pendant la saison (juin à septembre) ne pas manquer les requins-baleine. »Ce qu'elle aime moins: « Ce que j'aime le moins ? Parfois, le petit côté surréaliste du Mexique, justement. J'ai appris à vivre avec. Sinon, on reprend l'avion. »

Ce qui l'agace : « Les visiteurs avec des idées reçues ceux qui croient que vivre au bord de la mer = vacances perpétuelles. Que non : on travaille tout autant que partout ailleurs ! Encore pire : les expats avec des préjugés sur les mexicains, et ceux qui vivent ici sans parler un mot d'espagnol - parce qu'ils sont là "pour les touristes", ou pire, "pour la vue" ! »

Son «pitch» de vente : « Isla Mujeres s'étire sur la mer des Caraïbes, face à Cancun, petite brindille de terre au bout de laquelle on trouve les ruines d'un temple Maya, celui de la déesse Ixchel. Le Conquistador Francisco Hernandez de Cordoba l'a découverte en 1517 et lui a donné son nom, Isla Mujeres ou Ile des Femmes. Lui et ses hommes y avaient trouvé nombre de statuettes de femmes dédiées à Ixchel. Longtemps repaire de brigands, l'île est maintenant un lieu touristique réputé pour la gentillesse de ses habitants, la beauté de ses paysages et l'ambiance tranquille qui y règne, contrastant avec la folie de Cancun. Un endroit parfait pour se retrouver avec soi-même, relaxer, et prendre du bon temps...

Renée Wathelet

L'île n'est pas faite pour les fans des tout-inclus : il faut organiser tout son voyage soi-même, et personne ne vous tient par la main pour vous conduire au buffet le plus proche. Isla Mujeres est un endroit parfait pour relaxer, que ce soit en commençant un séjour au Yucatan, ou en le terminant. Connaissant le pouvoir d'attraction de mon coin de pays, je suggère plutôt de terminer le voyage par l'île, car on développe très vite ici le culte de mañana : j'irai à Tulum, Coba, Merida demain, j'ai tout mon temps - et arrive le jour de s'en aller à l'aéroport, ni vu, ni connu ! »

Ses tuyaux : « Tous les moments sont bons, dépendamment de ce que vous cherchez. Pour ceux qui veulent connaître l'île tranquille et vraiment relaxer, venez hors des périodes de pointe (à éviter: début septembre à début décembre et en avril). De juin à septembre, l'île est magnifique mais il fait vraiment très chaud (mais c'est aussi le temps des aubaines, donc plus de touristes).

Les billets d'avion sont faciles à trouver, surtout à la dernière minute. L'île dispose d'un beau choix de chambres, studios, appartements et maisons à louer. En haute saison, il vaut évidemment mieux s'y prendre à l'avance. Surveillez les spéciaux de dernières minutes (kayak.com, aircanada.com, sellofvacations.com et j'en oublie certainement). »

Isla MujeresSes blogue et sites : endirectdesiles.com et professionnomade.com. « Pour ceux que la vie d'une clinique sur une petite île intéresse, je maintiens  un blogue pour Delfino . Par ailleus, son compteFlickr est aussi accessible à tous. » Elle collabore également à certains sites Internet. « J'écris des articles à la pige pour certains sites internet, dont lepetitjournal.com, un site consacré aux nouvelles pour les francophones à travers le monde. Ils ont une section Mexique et m'ont offert une collaboration récemment. »

Pour plus d'information sur la Isla Mujeres, Renée suggère de consulter ce site (en anglais). Vous pouvez aussi consulter le site officiel du Conseil de promotion touristique du Mexique.


***

MISE À JOUR : L'entrevue avec Renée Wathelet a été réalisé quelques jours avant son décès tragique le 17 septembre dernier. Toutes sortes de rumeurs ont circulé au sujet de son assassin, et sa famille et ses proches ont souhaité rétablir certains faits dans un texte publié sur Facebook. J'ai moi aussi cru bon de rédiger un billet à propos des femmes qui voyagent seules. J'ajouterais qu'il ne faut pas hésiter à visiter Isla Mujeres, où le taux de criminalité n'est pas comparable à certaines autres régions du Mexique. Nos condoléances à sa famille et à ses amis. D'un point de vue plus personnel, merci d'être passée dans ma vie Renée...

 Marie-Julie Gagnon

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Biographie

Marie-Julie GagnonMarie-Julie Gagnon

Sorte de créature hybride à mi-chemin entre Minifée et Carrie Bradshaw, Marie-Julie Gagnon aime autant parcourir la planète sac au dos qu’avec sa valise à roulettes. Aujourd’hui journaliste, reporter, chroniqueuse, auteure et bloggeuse, elle n’arrive toujours pas à choisir le chapeau qu’elle préfère.